L'ordinateur, dernière Tour de Babel
 
Mercredi 1 août 2007

Auteur de "L'ordinateur dernière Tour de Babel",

Jean Coulardeau a animé une conférence autour de la présentation de son ouvrage     

 

  Philosophe? Prophète? Libre-penseur? Révolutionnaire? Poète? Jean Coulardeau est peut-être un peu tout cela. Insaisissable et complexe, il n'en est que plus stupéfiant lorsqu'il s'agit de mettre le doigt sur les maux dont souffre la Planète.

       Avec force démonstrations, ce dénonciateur acharné de "la dictature scientifique" menaçant les espèces vivantes a dévoilé vendredi, lors d'une conférence à la Bibliothèque, sa vision du devenir de l'humanité. Et celle-ci est particulièrement sombre. A moins que les individus, à la base, ne se fédèrent, entrent en résistance et apprennent, à nouveau, à vivre avec la nature et non à l'amoindrir pour servir le progrès et les lois de l'économie.

L'ordinateur, symbole d'un système perfide

       Le livre de Jean Coulardeau, "L'ordinateur, dernière Tour de Babel" est le fruit d'une réflexion de vingt années, d'un long travail spirituel un temps mené en compagnie du regretté Jacques Ellul. Ce sociologue protestant trop tôt disparu et auquel il s'était lié d'amitié a profondément influencé son mode de raisonnement. "Je n'ai rien contre l'ordinateur lui-même; mais je n'aime pas la société qui l'a conçu", objecte l'auteur.

       "L'informatique résulte des grandes caractéristiques de notre société sélective, répressive, hiérarchique et liberticide. L'ordinateur contribue lui-même à conforter ces vices puisqu'il enferme chacun de nous dans une norme, un modèle préétabli imposant ses propres orientations aux hommes". Parce qu'il fut naguère universitaire - il enseigna l'économie et les mathématiques - Jean Coulardeau s'avoue sans illusion sur le conditionnement de l'être et les contrevérités qui lui sont inculquées. Son oeuvre écrite est là pour tirer la sonnette d'alarme, même s'il est peut-être déjà trop tard.

       Pourfendeur du tout sécuritaire, de l'économie de marché régnant en Occident et même des solutions écologiques trop fades qui, selon lui, confirment l'ordre établi plus qu'elles ne le corrigent, il connaît la difficulté de mener à bien son combat.

       Mais celles et ceux qui ont daigné lui accorder quelques minutes d'attention vendredi, malgré ce Monde obsédé par la vitesse et le rendement, auront découvert avec lui qu'entre l'acceptation du système et le retour au chaos, une troisième voix était certainement à portée de l'Homme.

 

              Article paru dans La Tribune-Le Progrès du dimanche 22 juillet 2007, page 10

par Jean Coulardeau publié dans : Articles récents
Mardi 31 juillet 2007

Propos introductifs au Café philo de Montpellier

 

  Merci d'être venus, alors que vous ne me connaissez pas. A vrai dire le risque est pour moi, sans parler de la réputation de celui qui a intercédé pour que je sois invité ! Ne me serais-je pas fourré dans la gueule du loup ?

   Basta! Comme on dit dans les régions de vignoble : le vin une fois tiré il faut le boire.

   Alors buvons ensemble!

    Pour commencer je vous propose, en apéritif, ce qui constitue l'originalité de l'école de pensée à laquelle je me suis naturellement rallié.

   Pour les pionniers : Ellul et Charbonneau, et beaucoup d'autres que je connais moins, les conséquences de l'existence d'un outil ne dépendent pas de l'usage que l'on en fait. Elles appartiennent à l'outil.

    Plus l'outil fait appel de la technique élaborée, plus il échappe au contrôle humain.

   Plus il façonne la société qui l'utilise. Ce qu'Ellul appelle le système technicien.

- Je peux dire que je ne tuerai pas mon voisin avec un marteau.

- Je ne peux jamais dire que je ne tuerai pas quelqu'un avec ma voiture !

- Je peux laisser l'ordinateur chez le marchand, la société n'en sera pas moins formatée à son image !

  Quelles que soient les sécurités mises en place, un jour ou l'autre un avion tombera. Plus les sécurités sont importantes plus nous nous croyons invulnérables et plus nous prenons des risques qui auront des conséquences dramatiques, un jour. Comme cet homme qui se tapant sur la tête avec un marteau, mettrait un coussin de plus en plus épais au lieu de s'arrêter. A un moment donné il finira par s'écraser.

   Il n'y a pas d'autres choix que de renoncer à l'outil ou d'accepter tous les aspects de son existence. Si vous voulez qu'une ambulance vous conduise rapidement à l'hôpital, vous devez accepter la circulation automobile qui permet son existence, donc le prix à payer de votre prise en charge : plus de 5.000 morts par an sans compter les blessés et tout le reste, destruction des ressources pétrolières, pollution, etc...

   Toute tentative de solution au problème posé par l'existence d'une technique, fait apparaître un problème plus grave à régler demain. La consommation d'énergies fossiles produit des gaz à effet de serre. Qu'à cela ne tienne, l'énergie nucléaire n'en produit pas, seulement des déchets pour des milliers d'années, voire des millions.

   Toute proposition écologique qui reste dans l'esprit technicien ne sert à rien. Au contraire! elle donne bonne conscience, elle endort!

 

     L'ordinateur se présente comme l'achèvement de l'illusion technicienne :

 - Illusion de liberté, alors qu'il ne peut exister que dans une société liberticide et qu'il n'est pas accessible à tout le monde sur terre. Que se passera-t-il lorsque les habitants du tiers-monde comprendront, enfin!, qu'ils courent derrière un mirage?

 - Illusion de survie : alors qu'il nous conduit à la mort, ne serait-ce que par les bombes atomiques qu'il a permises et qu'il fera exploser.

 - Illusion de puissance : les encyclopédies prétendaient réunir le savoir, mais leur multiplication montrait bien que le savoir ne s'unifie pas. Tandis que l'ordinateur donne cette illusion, nous laisse croire que nous allons y parvenir. Et quand bien même parviendrions-nous au savoir matériel intégral, nous serions loin de la connaissance du vivant, de sa compréhension, de son amour.

   Quand nous aimons quelqu'un, nous ne nous contentons pas de sa description biologique, aussi complète soit-elle. Nous en voulons plus et cela n'entre dans aucun ordinateur.

- Pouvons-nous faire une société d'amour avec un ordinateur?

 

- Pouvons-nous faire une société d'amour, dans une société où l'organisation est réglée par un ordinateur?

- Non, bien entendu! Car l'amour n'entre pas dans les programmes, ne se programme pas.

    Il serait temps de nous réveiller et de comprendre que la technique nous conduit à notre perte. Au lieu de faire tout ce qui est techniquement possible et qui uniformise le monde, retrouvons des valeurs éthiques, retrouvons la diversité culturelle.

   Revenir en arrière ne serait pas une régression, car nous l'aurions voulu, choisi, décidé. 

 

par Jean Coulardeau publié dans : Articles récents
Lundi 30 juillet 2007

                                     Analyse faite par le journal Réforme

 

 

 

         A la page 11 titrée Repères, l'hebdomadaire Réforme met en exergue la pensée suivante:

 

 

 

         C'est parce que nous avons à compter avec et sur la grâce de Dieu que nous avons à tenter de maîtriser le phénomène technique, à rester circonspect dans son usage, à discerner le juste et l'injuste, l'humain et l'inhumain, la révolte et la raison dans cet ensemble.

                                                Jacques Ellul

 

 

 

         Sous le titre: Florilège écologique, suivent quatre critiques de livres dont:

L'ordinateur, dernière Tour de Babel:

 

 

 

         « Un ami, anarchiste ou bien proche », disait de Coulardeau retournant à la terre son maître, Jacques Ellul. « Ellul ne m'a pas donné un poisson quand j'avais besoin de liberté... il m'a donné une canne à pêche. » Et voilà comment le pêcheur a repêché l'ordinateur dans les eaux boueuses et souterraines de Babel. Car cet engin moderne est pour l'auteur la cause et l'effet du double phénomène contemporain de la mondialisation et de la règlementation, de la « technique, enjeu du siècle ». L'ordinateur conjugue le savoir et le pouvoir en une puissance aveugle et autodestructrice de notre conscience humaine. D'où la révolte militante contre les OGM, les vaccins, le « télécon », la croissance économique et tous les maux militaires ou nucléaires que notre « agriculteur hors-norme » fustige en cette nouvelle tour de Babel: « Elle nargue Dieu en faisant un bras d'honneur au Paradis perdu. » (p.163).

 

 

 

         Même si on regrettera ici où là comme un procès d'intention à l'endroit de la médecine, des médecins, qui cherchent aussi à soigner - ou même une éthique du soupçon vis-à-vis de toute forme de progrès -, la plume acérée de Coulardeau s'inscrit dans une longue tradition de sagesse lucide des prophètes, ou des tragédies grecques du destin contre la fatalité.

 

 

 

                                                Michel Leplay

par Jean Coulardeau publié dans : Articles récents
Dimanche 29 juillet 2007

                                        Analyse faite par la revue Silence

 

 

 

Préfacé par Dominique Ellul, la fille de Jacques Ellul, cet ouvrage est le fruit d'une longue réflexion sur l'introduction de l'ordinateur dans notre vie. Comme la Tour de Babel, l'ordinateur pourrait devenir non pas le moyen de communication tant vanté, mais le moyen de notre enfermement, de notre isolement et donc précipiter dans l'abîme tout ce qui fait notre civilisation. L'auteur, Jean Coulardeau, ancien objecteur de conscience emprisonné‚ au début des années 60, s'est intéressé très tôt au détournement des idées, des organisations, des projets, à la récupération par le système, par le politique. Il nous interroge donc ici sur ce que représente l'usage d'un outil un peu particulier : ne va-t-il pas comme de nombreuses autres constructions humaines servir au contraire de ce pourquoi il est conçu? "Les cybernautes forment une population qui tend à se rassembler. L'ordinateur n'ouvre pas les humains sur le vivant, mais les ferme dans une cité artificielle qui se croit toute puissante" [p.23]. En tant que militant anarchiste, il préfère celui qui se place en opposant libre plutôt que ceux qui suivent des appels qui cherchent à réunir autour d'un débat informatique. Reprenant les idées de Jacques Ellul sur les méfaits de la technique, il l'applique au cas des ordinateurs. Ainsi, il fait un rapprochement entre la course à la puissance avec la course au pouvoir dans la société, avec la montée de la violence : plus la puissance de l'outil augmente et plus elle crée une séparation entre ceux qui l'ont et ceux qui n'y ont pas accès. L'ordinateur, comme les autres techniques, est un facteur d'inégalité. Alors que certains outils facilitent l'autonomie de l'individu, essayez donc d'autoconstruire votre ordinateur : l'ordinateur offre donc une liberté fortement surveillée ! Si l'ordinateur peut vous donner une impression de grande liberté en allant télé-travailler à la campagne, c'est le même ordinateur qui déclenchera demain le lancement d'un missile nucléaire : l'ordinateur est comme beaucoup d'autres techniques, un outil à la fois civil et militaire. Jean Coulardeau pose une cruelle question : si l'ordinateur n'existait pas, il nous amènerait sans doute à vivre autrement, mais limiterait considérablement la puissance de ceux qui sont susceptibles de (finir de) détruire le monde (les premiers ordinateurs ont permis la mise au point de la première bombe atomique). Si les réflexions sont fort pertinentes, on s'étonnera qu'un anarchiste s'appuie sur la Bible (d'où vient l'image de la Tour de Babel) pour expliquer la source de ses critiques et fait de larges digressions dans le domaine de la religion.

La conclusion de l'ouvrage laisse également sur sa faim: "Je ne vois pas d'issue dans le chemin suivi actuellement par notre société. Nous ne pouvons pas continuer à distribuer 80% des richesses à 20% de la population. L'ordinateur nous donne l'illusion que nous sommes invincibles. Il endort notre vigilance et nous empêche de voir le gouffre vers lequel nous nous précipitons" [p.173]. Même si cela se termine par une chanson de Brel "Quand on n'a que l'amour...". On regrettera qu'un chapitre au moins n'explore pas des pistes pour éviter la chute.

MB.

 

 

 

Ce commentaire paru de mars 2007 est d'autant plus agréable à lire que j'ai  copieusement engueulé son auteur à propos de l'éradication du varron que la revue n'a pas dénoncé comme elle aurait dû, c'est le moins qu'on puisse dire. Dans les jours qui viennent je compte rendre publique une sévère mise en cause du contenu de mon livre, écrite en réaction à ce commentaire "élogieux", pour amorcer encore plus le débat que je voudrais susciter. Pour répondre au reproche de Michel Bernard de ne pas fournir de pistes d'évitement de la chute, je me contenterai de dire que je ne veux pas fournir de recettes qui nous conduiraient tôt ou tard au même ordinateur, mais plutôt une invitation à tourner le dos au chemin  tout tracé, pour aller explorer des voies nouvelles dont personne ne sait précisément où elles mènent.   Jean C.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par Jean Coulardeau publié dans : Articles récents
Samedi 28 juillet 2007

…Où vas-tu Coulardeau ?

 « L’ordinateur, dernière Tour de Babel »,

                                                          aux Editions « La Galipote ».

               Comme aurait pu le dire Blaise [Pascal, nous sommes en Auvergne, ndlr] : tant qu’il y aura des hommes et qu'ils pensent, il y aura sur terre des Jean Coulardeau. Il y aura même des livres. Et non seulement des livres qu’on publie et qui pensent mais, en plus, qui nous font penser. Ce qui n’est pas la règle générale car penser est un risque que tout le monde n’est pas prêt à prendre. Un risque, en fait, qui ne nuirait pas plus que de lire comme tout le monde du Lévy, que ce soit Marc ou BHL, ces voyagistes du best-seller qui nous mènent en bateau.

 

 

          

 

 

            Pour commencer, il y a le plaisir direct, physique sinon sensuel, du livre qu’on prend en main, bien imprimé, compact et pourtant large, qui s’ouvre bien, qui met d’emblée le texte et son lecteur à l’aise. Si j’étais l’éditeur, j’en serais fier. Je ne suis pas l’éditeur. Je pars seulement du principe qu’il faut que certaines choses se sachent. [Merci Félix, nous sommes touchés ! – ndlr]. Des choses qui n’ont pas de prix et ne vous rapportent rien.

            Au long du texte où l’auteur va son train, on a prévu de larges marges comme des voies de dégagement. L’essentiel nous y est rappelé, plus des notes bien placées qui nous évitent de courir on ne sait où. Gallimard finira par piquer l’idée, sinon il aurait tort. Les marges ont un autre avantage : si on a un crayon en main, on y met ce qu’on pense soi-même, on approuve, on conteste, et le dialogue commence. On a le droit de penser aussi.

 

 

           Le Jean Coulardeau, on le voit venir : il n’a pas fait Saint-Cyr ni la rue d’Ulm. On s’en réjouit d’avance. Gros à parier qu’il est comme nous : autodidacte. Il a dû faire son catéchisme mais passer par la communale. Ce double départ l’aura marqué. Il pense en judéo-chrétien qui aurait lu Voltaire. On peut dire qu’il pense bien, sans être bien-pensant, et c’est le début d’une aventure au pays des Lumières et des contradictions. On croirait du Jean-Jacques Rousseau revu par l’abbé Pierre. Dans les coulisses de notre monde nouveau, l’ordinateur plutôt que le pape tire maintenant les ficelles. Apparemment, personne ne sait encore si le profiteur est le CAC 40, Big Brother ou l’Etre Suprême.

            Tout porte à croire que Jean Coulardeau a fait mai 68, mais sa revendication a continué le chemin, elle va plus loin que toutes les manifs. Elle traverse la philosophie, atteint la spiritualité : « La Chute », nous explique-t-il, a dispersé la conscience dans tout l’univers, « pour retrouver l’unité il ne faut pas éliminer mais rassembler ». La Vérité est dans le Tout vers lequel nous devons tendre, c’est un diamant mais chaque facette nous éblouit, alouettes que nous sommes. On dépasse Cohn-Bendit pour aller vers Teilhard, mais sans rien perdre en route. Même quand on vient de Babel, il faut bien vivre avec son temps et, en plus d’Internet, on parlera du sexe, du sida, des anars… Par principe on ne sacrifie rien, quitte à se prendre les pieds dans les bagages.

            A chacun de faire son tri sur la piste de l’auteur. Chaque idée y offre une balise au chemin de croix de l’erreur humaine. Dans cette pêche à la Vérité, « le net » jette son filet, mais c’est nous  qui sommes pris. Rien de nouveau depuis Babel. Nasse perpétuelle où nous nous débattons depuis la gaffe d’Adam. Allez donc voir chez Kant, Saint Augustin ou Nietzsche si on s’y débat mieux et plus clairement!

            Et allez donc savoir s’il faut ou non casser l’ordinateur !... Est-ce une bonne chose que tout le monde parle le même langage ou faut-il que chacun ait le sien pour cultiver sa différence ? L’alliance de la puissance et de la connaissance fait-elle le beurre de Jéhovah ou celui, rance, du Grand Satan ? La terre n’est-elle peuplée que d’innocents sauvages et de savants hypocrites ? Devons-nous diriger nos vies vers l’ordre et son ennui, ou plutôt vers les joies douloureuses du désordre ? Faut-il être de gauche ou de droite, romantique ou classique ? A croire que, depuis le Déluge et même avant, la question est toujours la même: devons-nous nous soumettre ou reprendre nos billes ? Le balancier oscille et le sablier coule. A vous, êtres humains, d’inscrire vos notes en marge dans le temps qui est imparti. Jean Coulardeau vous y invite. On attend les réponses.

            Irons-nous jusqu’à dire que tout ça nous dépasse tant qu’on peut jouer aux boules en attendant le vingt heures ?

 

                                                                     Félix LAJOIE (pseudo de James Gressier)

 Publié dans « La Galipote » n° 113, décembre 2006

 

 

 

 

P.S. …ce livre adressé à un détenu de la prison de Villenauxe-La-Grande (10) a été saisi, il ne lui sera remis qu’à sa libération. La direction de la prison aurait-elle craint que sa couverture ne soit un message codé ?

 

 

 

par James Gressier publié dans : Articles récents
Vendredi 27 juillet 2007

L’ordinateur, dernière Tour de Babel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Jean Coulardeau des Vastres, une personnalité atypique bien connue de l'Yssingelais anar indécrottable vient de publier un essai revivifiant aux éditions La Galipote. Sous le titre, L’ordinateur dernière Tour de Babel, il se livre à une critique incisive de notre société ciblant l’usage forcené de l’informatique, un outil unificateur et totaliseur qui nous aliénerait.

 A l'heure où les parents insouciants, qui n’auront pas anticipé leurs emplettes de fin d’année, vont arpenter, le stress en prime, les allées des grandes surfaces et autres boutiques spécialisées en quête du cadeau high-tech requis pour leur progéniture exigeante, Jean Coulardeau jette un pavé dans la marre. Cet anarchiste patenté, paysan retraité aux Vastres où il s’est installé en 1973, à l’allure de sage barbu semble tout droit sorti de l’univers d'une heroïc fantasy. Le personnage est haut en couleur, prolixe et très connu dans la région, et au-delà pour ses combats contre l’administration qui frisent parfois l’épopée. Il nous convie à la réflexion en publiant un essai revigorant. Intitulé L’ordinateur, dernière Tour de Babel l'ouvrage vient de paraître aux éditions auvergnates La Galipote. « C’est un essai qui vise à démontrer que l’ordinateur n’est pas l’ultime bouée de sauvetage mais au contraire qu’il constitue une fuite dans la technique. En voyant la dépendance des gens devant cet outil on reste sidéré. » Et de préciser : « Au lieu d’acquérir des connaissances, l’homme se contente de faire du copié collé. C’est la facilité qui insidieusement l’enferme dans une société hautement hiérarchisée. L’ordinateur n’ouvre pas les humains sur le vivant mais les ferme dans une cité artificielle qui se croit toute puissante. »

 Pourquoi s’en prendre à l'ordinateur ? « Parce qu’il est plus que toutes les autres tentatives réunies, unificateur et uniformisateur, plus universaliste, plus totalisateur enfin car il a vocation à tout posséder, à parvenir à la connaissance totale. On ne m’enlèvera pas de l’idée que si l'ordinateur rend d'immenses services, la facture sera lourde à payer. »

  Vingt ans de réflexion


Au-delà, c’est un essai sur la société dans ses multiples facettes que le lecteur découvrira. « L’ordinateur n’est qu’un point de départ. Il y a là vingt ans de réflexion couchée sur le papier. »

Quant au titre, une référence à la Bible, il s’en explique. « En stigmatisant l’histoire de la Tour de  Babel, une ville orgueilleuse, les rédacteurs de la Bible pressentaient la volonté hégémonique d'une civilisation qui finirait par se croire divine. Je ne considère pas la Bible comme un document historique, mais comme un livre de sagesse. 

 Des hommes, ayant compris la destinée humaine ont voulu mettre l’humanité en garde contre ses défauts les plus dangereux. »  Pour facilite la lecture, l’éditeur a eu l’heureuse initiative de proposer en marge de chaque page, relevée d’une typographie particulière, une citation qui résume le propos, autorisant ainsi deux types de lecture, rapide ou plus approfondie.

                                                                                 Fabienne Mercier

 Extrait de La Tribune Le Progrès du 22 décembre 2006

 

par Fabienne Mercier publié dans : Articles récents
Lundi 23 juillet 2007

 

Vache folle, fièvre aphteuse: et si l'on remettait les pendules à l'heure?

Jean Coulardeau en appelle au principe de la biodiversité

 

« La volonté éradicatrice, la recherche du zéro défaut » ont conduit à la situation désastreuse que connaît le monde agricole aujourd’hui : c’est l’idée que défend depuis longtemps Jean Coulardeau, un agriculteur des Vastres, fondateur de la Coordination nationale contre l’éradication du varron, laquelle Coordination a eu à maintes reprises l’occasion de mettre en avant le principe de la biodiversité, y compris devant la justice. Jean Coulardeau a notamment établi une corrélation entre varrons et prions. Une thèse qu’il n’est plus désormais le seul à développer en Europe.

             D’aucuns seraient peut-être tentés de le faire passer pour un « gourou », mais attention de ne pas aller trop vite pour entériner une condamnation qui n’a pas lieu d’être : à « La Ribe », commune des Vastres, il n’a jamais existé l’ombre d’une secte, d’ailleurs cela se saurait. Non, dans ce paysage à la beauté sauvage, dominant la rivière« La Rimande » (passé le gué on est en Ardèche), nous n’avons trouvé qu’un homme tombé amoureux de cette région, voici maintenant quelques années, un mathématicien soixante-huitard, Bordelais d’origine, qui a choisi de vivre avec sa famille de la terre et de l’élevage.

            Et quelle terre ! Ici, à flanc de colline, seules les chèvres peuvent de toute évidence se mouvoir sans difficulté. Dans de telles conditions, la mécanisation semble pour le moins hasardeuse. D’ailleurs le maître des lieux, Jean Coulardeau y a depuis longtemps renoncé au profit de la traction animale.

   

         Veaux, vaches, chevaux, moutons, poulets, chèvres (du Rove : une race très ancienne et devenue rare) font bon ménage sur cette exploitation, on a envie de dire cette « Arche de Noé », tant on constate une grande diversité des espèces élevées par Jean Coulardeau et maintenant Olivier, son fils de 24 ans.

 

 « Une société où l’on ne pense qu’éradiquer »

            Celui-ci vient, officiellement depuis quelques jours, de reprendre les rennes de la ferme. Il ne serait pas étonnant qu’Olivier, possédant un BTS d’aquaculture, se lance par la suite dans l’élevage des poissons. Le cheptel s’est même enrichi depuis peu d’un lama que nous n’avons pas vu, Se trouvant sans doute quelque part dans la montagne au moment de notre visite.

            Toutes ces bêtes sont élevées pour la viande, laquelle est commercialisée en vente directe.

            Avant de s’installer aux Vastres avec son épouse, Jean Coulardeau enseigna l’économie à la faculté de Nantes, puis un an durant au Collège Cévenol.

            Cet intellectuel paysan participa à plusieurs mouvements de pensée et associations : « Survivre et vivre » par exemple réunissant des chercheurs de haut niveau et s’attachant notamment à contester l’existence de crédits militaires dans la recherche. Plus connu, le syndicat : la Confédération paysanne ou encore la Coordination contre l’éradication du varron (pour une agriculture responsable) dont Jean Coulardeau est l’un des fondateurs.

            A plusieurs reprises, nous avons évoqué le combat mené par ceux  qui refusent la « prophylaxie du varron » et qui se sont organisés en association à partir de mars 1997, partant de l’idée que l’éradication d'un être vivant est une mauvaise chose. « Nous vivons dans une société où l’on ne pense qu’à éradiquer, constate Jean Coulardeau, or, force est de constater que la nature a horreur du vide et les “niches” abandonnées par un être vivant, quel qu’il soit, sont très vite occupées par un autre ».

 LE PRINCIPE DE LA BIODIVERSITE

           Jean Coulardeau et plusieurs chercheurs, en France, on pense à Michel Bounias, biomathématicien et toxicologue, comme d’autres à l’étranger, c’est la cas de Mark Purdey en Angleterre, s’appuient sur le principe de la biodiversité pour affirmer que l’éradication du parasite bovin, le varron, laisse le champ libre aux prions qui provoquent la maladie dite de « la vache folle ».

            Jean Coulardeau a bâti ces derniers mois toute une réflexion très poussée sur le sujet réflexion qui du reste a fait l’objet de conférences et publications dans des revues spécialisées. L’auteur nous en livre les grandes lignes: « La Coordination a fait ressortir une corrélation entre le traitement pour l’éradication du varron et l’apparition de la maladie. Au 5 décembre 2000, sur 41 départements qui avaient eu la vache folle, 39 l’avaient eu après le traitement du varron. Parmi les deux qui l’ont eue avant, il y a le Puy-de-Dôme dont on connaît l’origine du bovin et la Manche. »

 

 

            Et Jean Coulardeau de citer le chercheur Joël Sternheimer qui prétend que là où il y a du varron, il n’y a pas de prion : « Il semble bien que le varron soit le prédateur du prion et que son élimination ait laissé les bovins sans défense. L’éradication illégale (elle serait, selon notre interlocuteur, contraire à l’article L-200-1 du Code rural qui impose de protéger la biodiversité) a fait sauter le verrou qui nous protégeait de la vache folle ».

            Jean Coulardeau n’est pas le seul en Europe a s’être penché sur la question. Il fait d’ailleurs référence à Mark Purdey, agriculteur et chercheur anglais qui met en cause quant à lui le produit utilisé en Angleterre pour éradiquer le varron.

 FIEVRE APHTEUSE: TIRER PARTI DE LA MALADIE

            L’intellectuel paysan poursuit : « La coïncidence statistique que nous avons faite apparaître correspond à celle établie par Purdey en Grande-Bretagne. Nous avons la certitude que les autorités le savent depuis le 1er semestre 2000 ».

            Il est un autre sujet brûlant, celui de la fièvre aphteuse sur lequel Jean Coulardeau n’est pas à court d’idées. Il est vrai que l’agriculteur de « La Ribe » a été en quelque sorte rattrapé par l’actualité : on se souvient en effet il y a 15 ans, qu’il gagnait un procès contre l’Etat pour refus de vaccination anti-aphteuse. « Preuve que le dogme vaccinal pouvait s’ébranler » lance goguenard Jean Coulardeau.

            A côté des voix discordantes qui s’élèvent de toute part, ce dernier cherche à calmer le jeu et propose une solution intermédiaire entre le tout vaccinal et l’abattage massif : «Soigner ou abattre éventuellement les animaux qui développent la maladie, et sélectionner les souches résistantes en laissant libre de vacciner ceux qui le désirent. Que ce soit dans les épidémies ou les épizooties, il y a toujours des individus qui n’ont rien. Ils permettent aux espèces de ne pas disparaître. Cette attitude ferait exister des sujets solides et rustiques. La maladie apparaîtrait régulièrement, éliminant ou simplement signalant les faibles et les mauvaises conduites d’élevage. Nous vivrions et élèverions dans le respect des équilibres, nous accepterions humblement notre place de berger de la nature ».

                                                                                Philippe SUC

 Publié dans l'Eveil de la Haute-Loire du 12 avril 2001

 Post Scriptum :

Le numéro de mars 2007 du gratuit Bio-contact publie (p. 38 et suiv.), sous la plume de Pierre Paillard, une bonne analyse du combat que nous avons mené contre l'éradication du varron. Cet article peut être consulté sur le site. Inutile donc de le reproduire ici.

 

 

 

De plus, ce même journal nous apprend le décès de Mark Purdey, le seul agriculteur anglais à s'être opposé à l'éradication du varron. C'est la troisième disparition parmi nos "scientifiques". Michel Bounias nous a quittés quelques mois après sa retraite. Il était le seul universitaire à s'être engagé complètement à nos côtés. Puis ce fut le tour de Jany Vimond, le seul vétérinaire à avoir dénoncé le principe d'éradication et à nous avoir soutenus.

Tout cela nous rend tristes et nous donne le sentiment de devenir de plus en plus orphelins.

Nous n'en continuerons pas moins à dénoncer l'arrêt du Conseil d'Etat qui donne au ministre de l'agriculture le droit de passer outre les lois qui le dérangent, même si nous sommes de moins en moins nombreux. Un moment ou l'autre nous finirons bien par arriver en plus grand nombre au port.

Justement, Fabrice Nicolino et François Veillerette viennent d'écrire un livre :

"Pesticides. Révélations sur un scandale français", 2007 Fayard, (p. 296-297) la causalité que nous avons dénoncée entre l'éradication du varron et la Vache-Folle est reprise et valorisée par une interview de Michel Bounias.    Jean C.

 

 

Dimanche 22 juillet 2007

              En 1974, Jean Coulardeau obtenait de son ami, Alexandre Grothendieck, que soit publié dans un livre collectif de la collection 10-18, une réflexion sur les mathématiques qu'il venait d'écrire. Dans les extraits qui suivent on trouvera les prémices de son travail sur l'ordinateur. L'ouvrage étant épuisé depuis longtemps, nous (ses amis et lui) avons décidé de rendre publique sa contribution. Si vous désirez connaître l'intégralité de cette publication, vous pouvez en faire la demande à Jean Coulardeau qui vous en enverra une copie (16 pages de texte) contre deux timbres. On peut parfois trouver le livre complet chez un bouquiniste.

 CONTENU IDEOLOGIQUE DES MATHEMATIQUES

  […]

             1) Sous le mot mathématiques, le langage commun comprend deux choses fort différentes. D'une part, il signifie les opérations élémentaires de la vie : évaluation des quantités, des durées, des distances, bref toutes les mesures qu'elles soient exprimées en unités locales, nationales, internationales ou imagées (autant d'hommes que de brins d'herbe dans la prairie); d'autre part, il englobe les recherches ultra spécialisées de notre monde technique.

 Désigner par le même mot deux choses aussi différentes est un abus flagrant. Car, si on ne peut pas se passer du premier aspect des mathématiques, il est bien évident que le second peut parfaitement être ignoré, je dirai même qu'il vaudrait mieux que nous ne l'ayons jamais conçu.... Je m'attaque à cette mathématique qui n'a plus rien de réel et de vivant mais qui dirige notre monde au nom de sa logique inexorable....

             2) […] Si j'ai choisi ce domaine pour cible, c'est tout simplement parce qu'il se prétend neutre, intemporel et universel et qu'il sert par conséquent de refuge à l'ensemble des autres disciplines. Tout se mathématise pour avoir l'air d'être objectif, pour s'imposer à tous de manière indiscutable. Car on ne discute pas les mathématiques. Et bien, je vais violer l'interdit...

 Dichotomie

             Les mathématiques font croire que tout l'univers est divisible en deux parties distinctes, qu'à chaque question il existe deux sortes de réponses : les bonnes et les mauvaises, les vraies et les fausses, ou plus simplement : oui ou non.

             Le calcul des probabilités ou celui des erreurs ne fait pas apparaître une mathématique plus relative. La solution n'est qu'un mélange des produits extrêmes jamais un produit nouveau et ils ne font que permettre le classement de ce qui, hier, restait en dehors des deux groupes...

 Hiérarchie

             Si les mathématiques étaient indépendantes de notre idéologie, il faudrait considérer que les ethnies qui ne les connaissent pas sont inférieures à nous. Par conséquent, elles devraient être dans l'impossibilité de vivre, puisque toute vie est mathématisée. Or, cela se heurte à la simple observation et à notre désir souvent affirmé de considérer toutes les races comme égales. Pour résoudre cette contradiction profonde notre civilisation a commencé par détruire les autres, puis les a scolarisés... Quant à ceux qui refusent notre école, nos bons maîtres et le savoir, ils sont exterminés par les armes ou par la faim. On ne refuse pas le pain intellectuel du Blanc, sinon on meurt.

             Nous sommes tolérants parce qu'il n'y a plus rien à tolérer de profondément différent...

             Prétendre aboutir par le canal de la science (au sens actuel du mot, c'est à dire accumulation des connaissances mathématisées) à une société plus juste est une contradiction. La connaissance mathématique et l'égalité (base de la justice) sont incompatibles, car celui qui sait aura toujours une valeur marchande et sociale supérieure à celui qui ne sait pas, dans une culture qui ne peut pas ne pas employer les mathématiques.

 Les nombres, la numération

             Compter c'est attribuer à chaque élément de l'ensemble un rôle spécifique ; quelle que soit notre manière d'appréhender le réel, elle a un caractère idéologique ; quand nous étions individualistes forcenés et bourgeois, nous parlions en termes d'unités. Maintenant que le collectivisme a fait son chemin dans les esprits, nous parlons en terme de "masse". Nos instruments sont la statistique et les ensembles qui, comme par hasard, se développent en même temps que les mathématiques modernes et la recherche dite pure en ce domaine.... notre mathématique n'a pas sa raison d'être. Elle n'est simplificatrice que dans la mesure où elle a compliqué la vie.

             La numération, en faisant perdre de vue la réalité concrète de la chose comptée, déshumanise les rapports humains. Elle ouvre la porte à la théorie des grands nombres, c'est à dire à l'inhumain par excellence. En effet, cette fameuse loi des grands nombres tend à ramener la périphérie vers le centre, à uniformiser la population et les comportements. Au nom de la majorité (découverte mathématiquement sans qu'elle se soit exprimée) on impose à la minorité un certain nombre de choses. Puis, lorsque la périphérie est soumise on refait une nouvelle étude qui fait apparaître une nouvelle périphérie qui sera à nouveau soumise, et ainsi de suite jusqu'à l'identité complète, conformément au modèle établi mathématiquement. Cela s'appelle en mécanique "la normalisation"...

 Le caractère colonial des mathématiques

             Le langage mathématique comme la science en général, tend à devenir universel et ne tient donc plus compte des différences culturelles, mais seulement de l'efficacité....

             On m'a dit que ce sont les applications des mathématiques qui sont responsables de cela et non les mathématiques elles-mêmes. Il n'y pas pire illusion. Car :

             1) Les mathématiciens ne se sont pas élevés contre l'objectivisation des sciences sociales par l'emploi des mathématiques. Au contraire ils y collaborent.

             2) Sans cette utilisation, les mathématiques actuelles n'existeraient pas. Comment établir une loi statistique si les gens et les choses ne sont pas conformés à l'observation ?

             En déshumanisant leurs instruments les mathématiciens ne réalisent plus que derrière le chiffre il y a des hommes et du vivant, et ils ne veulent pas voir qu'ils ne peuvent travailler que grâce à un appareil coercitif extraordinaire...

             La civilisation technique, "blanche" (selon une expression de Robert Jaulin), est celle qui porte les mathématiques. Comme par hasard c'est la plus colonisatrice, ne serait-ce que par l'école qui apprend une manière de saisir le réel, incompatible avec toute forme de civilisation autre qu'elle.

             Comme par hasard notre civilisation est à Dieu unique, autrement dit dichotomique.

 Peut-on faire des mathématiques sans coloniser ?

             Ma réponse, on s'en doute, est négative. Certains m'ont fait valoir que rien n'empêchait quelqu'un de faire des mathématiques chez lui et qu'il n'était pas pour cela un colon.

             C'est vrai, mais ils oublient trois choses :

             1) que pour faire des mathématiques il a fallu qu'ils les apprennent, donc qu'ils trouvent une structure enseignante et sélective typique à notre société ;

             2) qu'ils n'auront aucun goût à faire des mathématiques dans une société qui s'en moquera et n'en tiendra aucun compte ;

             3) qu'ils seront toujours tentés de faire valoir leur solution au nom de l'efficacité et qu'ils finiront par les imposer au nom du bien public....

 

  Mathématiques modernes et pédagogie moderne

              …A l'école moderne, l'enfant est libre. Mais voilà, comme à la fin de sa scolarité il a acquis le même bagage (puisqu'il passe les mêmes examens avec autant de succès sinon plus), c'est qu'il s'est fait intégrer en douceur. Pour son malheur il croit avoir été libre.

             …Ce n'est pas parce qu'un enfant est libre de manipuler les mathématiques à sa guise qu'il est un homme libre. Au contraire, il s'enchaîne consciencieusement.

  Conséquences du refus des mathématiques

              Ici, il me faut être clair. Beaucoup m'auront suivi car ils n'aiment pas les mathématiques et voient là un moyen d'envoyer sur les roses les profs exigeants. Ils se gardent bien de chercher un nouvel équilibre conforme à leur position. Ils oublient que toute notre société repose sur les mathématiques. Ils feignent de croire qu'il est possible qu'il existe des secteurs réservés.

             Une société forme un tout ; il ne s'y développe pas un élément de l'ampleur des mathématiques sans que la totalité de l'édifice soit concernée. En plagiant Ferdinand de Saussure, je dirai que, comme sur un échiquier, toutes les pièces sont interdépendantes.

 Chaque déplacement de l'une d'entre elles modifie le rôle de toutes les autres.

          Supprimer les mathématiques dans notre société c'est tout remettre en cause, tout bouleverser. Ceux qui se disent allergiques aux mathématiques sont soit des asociaux, soit des malchanceux (ils n'ont pas eu un prof qui a su leur faire découvrir qu'ils étaient capables de faire des mathématiques). Car sans mathématiques il n'est pas possible de vivre (en comprenant quelque chose) dans notre société...

             … On ne peut pas faire coexister la concentration avec l'autonomie et l'autarcie. Il faut choisir....

             Sans mathématiques, il n'est pas possible de bâtir des édifices de la connaissance et de hiérarchiser les gens sur leur capacité à s'y élever en marchant sur les autres. Quoiqu'en disent certains, une société non hiérarchisée est possible et la connaissance va à l'encontre de l'égalité. Depuis que le monde est entré dans l'ère de la croissance du savoir, il n'a jamais été aussi hiérarchisé, n'en déplaise aux démocrates qui prennent leurs rêves pour des réalités....

 

              Les solutions scientifiques ne peuvent pas ne pas simplifier le réel pour s'appliquer au grand nombre. Il faut donc renoncer à cela et, par conséquent, renouer avec le réel, mais aussi renoncer aux solutions universelles. Actuellement, la réalité s'adapte (les hommes se plient). La liberté est dans le contraire. Comme les mathématiques ne se plieront jamais, il faut renoncer soit aux mathématiques, soit à la liberté.

 

 

 

par Jean Coulardeau publié dans : Articles récents
Samedi 21 juillet 2007

Critique du livre « L’ordinateur,dernière Tour de Babel » de Jean Coulardeau, par Jean Pestre, architecte retraité, parue dans « Le citoyen » n°45, de novembre 2006, revue du Cercle Condorcet de la Haute-Loire.

 

            « … peut entraîner la destruction de l’Humanité. Danger suprême et inconnu jusqu’à aujourd’hui. »

 

            Ainsi, Jean COULARDEAU, analyse de façon large et objective les dérives humaines contemporaines engendrées par cet outil exceptionnellement puissant mais prodigieusement insidieux.

 

            A Babylone, la Tour élevée par les descendants de Noé, faite de matériaux, lourds et volumineux car minéraux, s'élevant dans les cieux présentait, par sa majesté monumentale, l'orgueil démesuré de ses constructeurs

 

            « La tour » (boîtier) posée sur le bureau contraste par sa modestie avec la prétention colossale de son homologue biblique. Son faible volume avec les composants électroniques qu’elle contient, bourrée de mémoires, de processeurs assurant la rapidité d’échanges partout sur la planète, en font un outil dépassant largement le bon sens et la sagesse, seuls éléments capables d’assurer l’épanouissement humain.

 

            Cet outil a envahi nos logis. Voleur de consciences, il étend son NET (filet en français) pour mieux accaparer et asservir.

 

            Au fil des pages, Jean COULARDEAU, qui à partir de brillantes études universitaires a choisi de vivre de la terre nourricière en devenant paysan, s’attache à donner un éclairage et un diagnostic de notre civilisation axée sur l’argent, le toujours plus et la croissance qui, comme à Babel, prépare la chute sévère et inexorable.

 

 

 

 

par Jean Pestre, architecte publié dans : Articles récents
Vendredi 20 juillet 2007

Annonce parue à Besançon, dans le bulletin de l'Eglise réformée de France

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Idée de lecture:

               "L'ordinateur, dernière Tour de Babel" par Jean COULARDEAU. L'auteur est un ami de Jacques Ellul, théologien protestant.

              L'ordinateur, ultime et illusoire bouée de sauvetage?

                                                                                                                Christian Moreau

                                                         

par Christian Moreau publié dans : Articles récents
 
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