L'ordinateur, dernière Tour de Babel
 
Mercredi 1 août 2007

Auteur de "L'ordinateur dernière Tour de Babel",

Jean Coulardeau a animé une conférence autour de la présentation de son ouvrage     

 

  Philosophe? Prophète? Libre-penseur? Révolutionnaire? Poète? Jean Coulardeau est peut-être un peu tout cela. Insaisissable et complexe, il n'en est que plus stupéfiant lorsqu'il s'agit de mettre le doigt sur les maux dont souffre la Planète.

       Avec force démonstrations, ce dénonciateur acharné de "la dictature scientifique" menaçant les espèces vivantes a dévoilé vendredi, lors d'une conférence à la Bibliothèque, sa vision du devenir de l'humanité. Et celle-ci est particulièrement sombre. A moins que les individus, à la base, ne se fédèrent, entrent en résistance et apprennent, à nouveau, à vivre avec la nature et non à l'amoindrir pour servir le progrès et les lois de l'économie.

L'ordinateur, symbole d'un système perfide

       Le livre de Jean Coulardeau, "L'ordinateur, dernière Tour de Babel" est le fruit d'une réflexion de vingt années, d'un long travail spirituel un temps mené en compagnie du regretté Jacques Ellul. Ce sociologue protestant trop tôt disparu et auquel il s'était lié d'amitié a profondément influencé son mode de raisonnement. "Je n'ai rien contre l'ordinateur lui-même; mais je n'aime pas la société qui l'a conçu", objecte l'auteur.

       "L'informatique résulte des grandes caractéristiques de notre société sélective, répressive, hiérarchique et liberticide. L'ordinateur contribue lui-même à conforter ces vices puisqu'il enferme chacun de nous dans une norme, un modèle préétabli imposant ses propres orientations aux hommes". Parce qu'il fut naguère universitaire - il enseigna l'économie et les mathématiques - Jean Coulardeau s'avoue sans illusion sur le conditionnement de l'être et les contrevérités qui lui sont inculquées. Son oeuvre écrite est là pour tirer la sonnette d'alarme, même s'il est peut-être déjà trop tard.

       Pourfendeur du tout sécuritaire, de l'économie de marché régnant en Occident et même des solutions écologiques trop fades qui, selon lui, confirment l'ordre établi plus qu'elles ne le corrigent, il connaît la difficulté de mener à bien son combat.

       Mais celles et ceux qui ont daigné lui accorder quelques minutes d'attention vendredi, malgré ce Monde obsédé par la vitesse et le rendement, auront découvert avec lui qu'entre l'acceptation du système et le retour au chaos, une troisième voix était certainement à portée de l'Homme.

 

              Article paru dans La Tribune-Le Progrès du dimanche 22 juillet 2007, page 10

par Jean Coulardeau publié dans : Articles récents
 
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