Contact

Auteur : Jean Coulardeau  La Ribe - 43430 LES VASTRES

Editions La Galipote Rue du Commerce 63910 Vertaizon tél. 04 73 68 08 83

Conférences

CALENDRIER DES CONFERENCES/EMISSIONS RADIO DE JEAN COULARDEAU

 

27 novembre 2009 Conférence: Jacques ELLUL, une pensée agissante à 19h30 Salle Gabriel Crépet 42240 Unieux

 

28 avril 2007 Journée Dédicaces Librairie Les Volcans 80 bd F. Mitterrand 63000 Clermont-Ferrand : Jean Coulardeau dédicacera son livre "L'ordinateur dernière Tour de Babel ?" toute la journée. Venez nombreux faire sa connaissance !

 11 mai 2007 à 18h30 conférence au Centre Pierre Cardinal au Puy en Velay sur le thème "Notre Maître l'ordinateur.

 28 mai 2007 à 20h30 conférence "Notre Maître l'ordinateur" au Château Bignon, Bourbon l'Archambault (Allier)

27 juin 2007 à 18 h conférence à l'Espace thermal d'Aix les Bains sur le thème "Notre Maître l'ordinateur.

20 juillet 2007 Bibliothèque de Chambon sur Lignon Haute Loire

14 septembre 2007, à 18 heures présentation-débat, particulièrement sur le thème de l'erreur de l'écologie politique dominante actuelle, au Centre écologique de Vaugran, 30480 Saint Paul Lacoste, renseignements au 04 66 55 67 57

Samedi 10 novembre 2007, de 10 h à 12 h et de 14 h à 17 h Jean Coulardeau dédicacera son livre "L'ordinateur dernière Tour de Babel" à la médiathèque de VERTAIZON (Puy de Dôme).

Jeudi 19 février 2009, à 13 heures, à l'Ecole de gestion et de commerce de Chambéry, conférence: L'addiction à la technique nous laisse-t-elle une chance?

 

 

Samedi 28 juillet 2007

…Où vas-tu Coulardeau ?

 « L’ordinateur, dernière Tour de Babel »,

                                                          aux Editions « La Galipote ».

               Comme aurait pu le dire Blaise [Pascal, nous sommes en Auvergne, ndlr] : tant qu’il y aura des hommes et qu'ils pensent, il y aura sur terre des Jean Coulardeau. Il y aura même des livres. Et non seulement des livres qu’on publie et qui pensent mais, en plus, qui nous font penser. Ce qui n’est pas la règle générale car penser est un risque que tout le monde n’est pas prêt à prendre. Un risque, en fait, qui ne nuirait pas plus que de lire comme tout le monde du Lévy, que ce soit Marc ou BHL, ces voyagistes du best-seller qui nous mènent en bateau.

 

 

           

 

 

            Pour commencer, il y a le plaisir direct, physique sinon sensuel, du livre qu’on prend en main, bien imprimé, compact et pourtant large, qui s’ouvre bien, qui met d’emblée le texte et son lecteur à l’aise. Si j’étais l’éditeur, j’en serais fier. Je ne suis pas l’éditeur. Je pars seulement du principe qu’il faut que certaines choses se sachent. [Merci Félix, nous sommes touchés ! – ndlr]. Des choses qui n’ont pas de prix et ne vous rapportent rien.

            Au long du texte où l’auteur va son train, on a prévu de larges marges comme des voies de dégagement. L’essentiel nous y est rappelé, plus des notes bien placées qui nous évitent de courir on ne sait où. Gallimard finira par piquer l’idée, sinon il aurait tort. Les marges ont un autre avantage : si on a un crayon en main, on y met ce qu’on pense soi-même, on approuve, on conteste, et le dialogue commence. On a le droit de penser aussi.

 

 

           Le Jean Coulardeau, on le voit venir : il n’a pas fait Saint-Cyr ni la rue d’Ulm. On s’en réjouit d’avance. Gros à parier qu’il est comme nous : autodidacte. Il a dû faire son catéchisme mais passer par la communale. Ce double départ l’aura marqué. Il pense en judéo-chrétien qui aurait lu Voltaire. On peut dire qu’il pense bien, sans être bien-pensant, et c’est le début d’une aventure au pays des Lumières et des contradictions. On croirait du Jean-Jacques Rousseau revu par l’abbé Pierre. Dans les coulisses de notre monde nouveau, l’ordinateur plutôt que le pape tire maintenant les ficelles. Apparemment, personne ne sait encore si le profiteur est le CAC 40, Big Brother ou l’Etre Suprême.

            Tout porte à croire que Jean Coulardeau a fait mai 68, mais sa revendication a continué le chemin, elle va plus loin que toutes les manifs. Elle traverse la philosophie, atteint la spiritualité : « La Chute », nous explique-t-il, a dispersé la conscience dans tout l’univers, « pour retrouver l’unité il ne faut pas éliminer mais rassembler ». La Vérité est dans le Tout vers lequel nous devons tendre, c’est un diamant mais chaque facette nous éblouit, alouettes que nous sommes. On dépasse Cohn-Bendit pour aller vers Teilhard, mais sans rien perdre en route. Même quand on vient de Babel, il faut bien vivre avec son temps et, en plus d’Internet, on parlera du sexe, du sida, des anars… Par principe on ne sacrifie rien, quitte à se prendre les pieds dans les bagages.

            A chacun de faire son tri sur la piste de l’auteur. Chaque idée y offre une balise au chemin de croix de l’erreur humaine. Dans cette pêche à la Vérité, « le net » jette son filet, mais c’est nous  qui sommes pris. Rien de nouveau depuis Babel. Nasse perpétuelle où nous nous débattons depuis la gaffe d’Adam. Allez donc voir chez Kant, Saint Augustin ou Nietzsche si on s’y débat mieux et plus clairement!

            Et allez donc savoir s’il faut ou non casser l’ordinateur !... Est-ce une bonne chose que tout le monde parle le même langage ou faut-il que chacun ait le sien pour cultiver sa différence ? L’alliance de la puissance et de la connaissance fait-elle le beurre de Jéhovah ou celui, rance, du Grand Satan ? La terre n’est-elle peuplée que d’innocents sauvages et de savants hypocrites ? Devons-nous diriger nos vies vers l’ordre et son ennui, ou plutôt vers les joies douloureuses du désordre ? Faut-il être de gauche ou de droite, romantique ou classique ? A croire que, depuis le Déluge et même avant, la question est toujours la même: devons-nous nous soumettre ou reprendre nos billes ? Le balancier oscille et le sablier coule. A vous, êtres humains, d’inscrire vos notes en marge dans le temps qui est imparti. Jean Coulardeau vous y invite. On attend les réponses.

            Irons-nous jusqu’à dire que tout ça nous dépasse tant qu’on peut jouer aux boules en attendant le vingt heures ?

 

                                                                     Félix LAJOIE (pseudo de James Gressier)

 Publié dans « La Galipote » n° 113, décembre 2006

 

 

 

 

P.S. …ce livre adressé à un détenu de la prison de Villenauxe-La-Grande (10) a été saisi, il ne lui sera remis qu’à sa libération. La direction de la prison aurait-elle craint que sa couverture ne soit un message codé ?

 

 

 

Par James Gressier - Publié dans : Articles récents
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Vendredi 27 juillet 2007

L’ordinateur, dernière Tour de Babel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Jean Coulardeau des Vastres, une personnalité atypique bien connue de l'Yssingelais anar indécrottable vient de publier un essai revivifiant aux éditions La Galipote. Sous le titre, L’ordinateur dernière Tour de Babel, il se livre à une critique incisive de notre société ciblant l’usage forcené de l’informatique, un outil unificateur et totaliseur qui nous aliénerait.

 A l'heure où les parents insouciants, qui n’auront pas anticipé leurs emplettes de fin d’année, vont arpenter, le stress en prime, les allées des grandes surfaces et autres boutiques spécialisées en quête du cadeau high-tech requis pour leur progéniture exigeante, Jean Coulardeau jette un pavé dans la marre. Cet anarchiste patenté, paysan retraité aux Vastres où il s’est installé en 1973, à l’allure de sage barbu semble tout droit sorti de l’univers d'une heroïc fantasy. Le personnage est haut en couleur, prolixe et très connu dans la région, et au-delà pour ses combats contre l’administration qui frisent parfois l’épopée. Il nous convie à la réflexion en publiant un essai revigorant. Intitulé L’ordinateur, dernière Tour de Babel l'ouvrage vient de paraître aux éditions auvergnates La Galipote. « C’est un essai qui vise à démontrer que l’ordinateur n’est pas l’ultime bouée de sauvetage mais au contraire qu’il constitue une fuite dans la technique. En voyant la dépendance des gens devant cet outil on reste sidéré. » Et de préciser : « Au lieu d’acquérir des connaissances, l’homme se contente de faire du copié collé. C’est la facilité qui insidieusement l’enferme dans une société hautement hiérarchisée. L’ordinateur n’ouvre pas les humains sur le vivant mais les ferme dans une cité artificielle qui se croit toute puissante. »

 Pourquoi s’en prendre à l'ordinateur ? « Parce qu’il est plus que toutes les autres tentatives réunies, unificateur et uniformisateur, plus universaliste, plus totalisateur enfin car il a vocation à tout posséder, à parvenir à la connaissance totale. On ne m’enlèvera pas de l’idée que si l'ordinateur rend d'immenses services, la facture sera lourde à payer. »

  Vingt ans de réflexion


Au-delà, c’est un essai sur la société dans ses multiples facettes que le lecteur découvrira. « L’ordinateur n’est qu’un point de départ. Il y a là vingt ans de réflexion couchée sur le papier. »

Quant au titre, une référence à la Bible, il s’en explique. « En stigmatisant l’histoire de la Tour de  Babel, une ville orgueilleuse, les rédacteurs de la Bible pressentaient la volonté hégémonique d'une civilisation qui finirait par se croire divine. Je ne considère pas la Bible comme un document historique, mais comme un livre de sagesse. 

 Des hommes, ayant compris la destinée humaine ont voulu mettre l’humanité en garde contre ses défauts les plus dangereux. »  Pour facilite la lecture, l’éditeur a eu l’heureuse initiative de proposer en marge de chaque page, relevée d’une typographie particulière, une citation qui résume le propos, autorisant ainsi deux types de lecture, rapide ou plus approfondie.

                                                                                 Fabienne Mercier

 Extrait de La Tribune Le Progrès du 22 décembre 2006

 

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Jeudi 26 juillet 2007

TABLE

 

Préface de Dominique ELLUL

Introduction

Première partie

Puissance-Connaissance

Chapitre 1: Le couple diabolique puissance-connaissance

Chapitre 2: L'ordinateur, arme du couple puissance-connaissance

Les seize conclusions des Nobels

Chapitre 3: Et Dieu dans tout ça?

Deuxième partie

Le temps, le sexe, ou anatomie d'un pléonasme

Chapitre 1: La sagesse

Réfléxions inachevées sur l'ésotérisme

Chapitre 2: Narguer le temps c'est nier la mort

Chapitre 3: Sexualité et fuite de la mort

Conclusion

Annexe 1: Le chant de la mère

Annexe 2: Du bonheur d'être anar!

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Mercredi 25 juillet 2007

Présentation de Dominique ELLUL

          Jacques Ellul n’a commis qu’une seule erreur dans sa vie : sa fille Dominique ! En 68 elle le traitait de « vieux con », tandis qu’en 2004 elle organisait, à la force de ses bras, un hommage à son père à l’occasion du dixième anniversaire de sa mort.

 

 

            Lui qui ne voulait être ni un maître, ni un gourou, rien qu’un professeur du service public, le voilà nanti d’une groupie infatigable. De réédition en réédition, elle ne se lasse pas de propager la pensée de son père. Ceux qui croyaient pouvoir dormir en paix en dissertant sur la place des virgules dans les textes de Jacques Ellul ne voient pas d’un bon œil cette pasionaria qui entend même sauvegarder les inédits.

            Sa joie fut immense de préfacer ce livre auquel son père avait participé et dont l’auteur fut un si fidèle ami. Grâce à des gens comme elle et lui, la pensée et les actions de son père se poursuivent. Tel Sysiphe, ils roulent tous le rocher dans l’espoir qu’il restera un jour au sommet de la montagne.

  

 

 

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Mardi 24 juillet 2007

Présentation de l’auteur

                        Après un divorce d’avec les Arts et Métiers, Jean Coulardeau étudie l’économie et la sociologie. Etudes interrompues par le service militaire qu’il fit en prison d’où il sortit quinze jours avant les barricades de 68.

            Il s’essaya dans l’enseignement tant universitaire que secondaire avant de se lancer dans l’agriculture où il prit sa retraite.

             Sa vie « aventureuse » se poursuivit de procès en procès avec l’Administration, toujours appuyé par Jacques Ellul.

              

"La bête du Gévaudan est de retour", Caricature réalisée à la main par un travailleur immigré de Paris le 30 décembre 2006

             Il vit aujourd’hui dans sa ferme où avec sa femme, institutrice en retraite, ils ont la joie de voir leur fils et sa compagne poursuivre leur travail pour une agriculture respectueuse du vivant.

 

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Lundi 23 juillet 2007

 

Vache folle, fièvre aphteuse: et si l'on remettait les pendules à l'heure?

Jean Coulardeau en appelle au principe de la biodiversité

 

« La volonté éradicatrice, la recherche du zéro défaut » ont conduit à la situation désastreuse que connaît le monde agricole aujourd’hui : c’est l’idée que défend depuis longtemps Jean Coulardeau, un agriculteur des Vastres, fondateur de la Coordination nationale contre l’éradication du varron, laquelle Coordination a eu à maintes reprises l’occasion de mettre en avant le principe de la biodiversité, y compris devant la justice. Jean Coulardeau a notamment établi une corrélation entre varrons et prions. Une thèse qu’il n’est plus désormais le seul à développer en Europe.

             D’aucuns seraient peut-être tentés de le faire passer pour un « gourou », mais attention de ne pas aller trop vite pour entériner une condamnation qui n’a pas lieu d’être : à « La Ribe », commune des Vastres, il n’a jamais existé l’ombre d’une secte, d’ailleurs cela se saurait. Non, dans ce paysage à la beauté sauvage, dominant la rivière« La Rimande » (passé le gué on est en Ardèche), nous n’avons trouvé qu’un homme tombé amoureux de cette région, voici maintenant quelques années, un mathématicien soixante-huitard, Bordelais d’origine, qui a choisi de vivre avec sa famille de la terre et de l’élevage.

            Et quelle terre ! Ici, à flanc de colline, seules les chèvres peuvent de toute évidence se mouvoir sans difficulté. Dans de telles conditions, la mécanisation semble pour le moins hasardeuse. D’ailleurs le maître des lieux, Jean Coulardeau y a depuis longtemps renoncé au profit de la traction animale.

   

         Veaux, vaches, chevaux, moutons, poulets, chèvres (du Rove : une race très ancienne et devenue rare) font bon ménage sur cette exploitation, on a envie de dire cette « Arche de Noé », tant on constate une grande diversité des espèces élevées par Jean Coulardeau et maintenant Olivier, son fils de 24 ans.

 

 « Une société où l’on ne pense qu’éradiquer »

            Celui-ci vient, officiellement depuis quelques jours, de reprendre les rennes de la ferme. Il ne serait pas étonnant qu’Olivier, possédant un BTS d’aquaculture, se lance par la suite dans l’élevage des poissons. Le cheptel s’est même enrichi depuis peu d’un lama que nous n’avons pas vu, Se trouvant sans doute quelque part dans la montagne au moment de notre visite.

            Toutes ces bêtes sont élevées pour la viande, laquelle est commercialisée en vente directe.

            Avant de s’installer aux Vastres avec son épouse, Jean Coulardeau enseigna l’économie à la faculté de Nantes, puis un an durant au Collège Cévenol.

            Cet intellectuel paysan participa à plusieurs mouvements de pensée et associations : « Survivre et vivre » par exemple réunissant des chercheurs de haut niveau et s’attachant notamment à contester l’existence de crédits militaires dans la recherche. Plus connu, le syndicat : la Confédération paysanne ou encore la Coordination contre l’éradication du varron (pour une agriculture responsable) dont Jean Coulardeau est l’un des fondateurs.

            A plusieurs reprises, nous avons évoqué le combat mené par ceux  qui refusent la « prophylaxie du varron » et qui se sont organisés en association à partir de mars 1997, partant de l’idée que l’éradication d'un être vivant est une mauvaise chose. « Nous vivons dans une société où l’on ne pense qu’à éradiquer, constate Jean Coulardeau, or, force est de constater que la nature a horreur du vide et les “niches” abandonnées par un être vivant, quel qu’il soit, sont très vite occupées par un autre ».

 LE PRINCIPE DE LA BIODIVERSITE

           Jean Coulardeau et plusieurs chercheurs, en France, on pense à Michel Bounias, biomathématicien et toxicologue, comme d’autres à l’étranger, c’est la cas de Mark Purdey en Angleterre, s’appuient sur le principe de la biodiversité pour affirmer que l’éradication du parasite bovin, le varron, laisse le champ libre aux prions qui provoquent la maladie dite de « la vache folle ».

            Jean Coulardeau a bâti ces derniers mois toute une réflexion très poussée sur le sujet réflexion qui du reste a fait l’objet de conférences et publications dans des revues spécialisées. L’auteur nous en livre les grandes lignes: « La Coordination a fait ressortir une corrélation entre le traitement pour l’éradication du varron et l’apparition de la maladie. Au 5 décembre 2000, sur 41 départements qui avaient eu la vache folle, 39 l’avaient eu après le traitement du varron. Parmi les deux qui l’ont eue avant, il y a le Puy-de-Dôme dont on connaît l’origine du bovin et la Manche. »

 

 

            Et Jean Coulardeau de citer le chercheur Joël Sternheimer qui prétend que là où il y a du varron, il n’y a pas de prion : « Il semble bien que le varron soit le prédateur du prion et que son élimination ait laissé les bovins sans défense. L’éradication illégale (elle serait, selon notre interlocuteur, contraire à l’article L-200-1 du Code rural qui impose de protéger la biodiversité) a fait sauter le verrou qui nous protégeait de la vache folle ».

            Jean Coulardeau n’est pas le seul en Europe a s’être penché sur la question. Il fait d’ailleurs référence à Mark Purdey, agriculteur et chercheur anglais qui met en cause quant à lui le produit utilisé en Angleterre pour éradiquer le varron.

 FIEVRE APHTEUSE: TIRER PARTI DE LA MALADIE

            L’intellectuel paysan poursuit : « La coïncidence statistique que nous avons faite apparaître correspond à celle établie par Purdey en Grande-Bretagne. Nous avons la certitude que les autorités le savent depuis le 1er semestre 2000 ».

            Il est un autre sujet brûlant, celui de la fièvre aphteuse sur lequel Jean Coulardeau n’est pas à court d’idées. Il est vrai que l’agriculteur de « La Ribe » a été en quelque sorte rattrapé par l’actualité : on se souvient en effet il y a 15 ans, qu’il gagnait un procès contre l’Etat pour refus de vaccination anti-aphteuse. « Preuve que le dogme vaccinal pouvait s’ébranler » lance goguenard Jean Coulardeau.

            A côté des voix discordantes qui s’élèvent de toute part, ce dernier cherche à calmer le jeu et propose une solution intermédiaire entre le tout vaccinal et l’abattage massif : «Soigner ou abattre éventuellement les animaux qui développent la maladie, et sélectionner les souches résistantes en laissant libre de vacciner ceux qui le désirent. Que ce soit dans les épidémies ou les épizooties, il y a toujours des individus qui n’ont rien. Ils permettent aux espèces de ne pas disparaître. Cette attitude ferait exister des sujets solides et rustiques. La maladie apparaîtrait régulièrement, éliminant ou simplement signalant les faibles et les mauvaises conduites d’élevage. Nous vivrions et élèverions dans le respect des équilibres, nous accepterions humblement notre place de berger de la nature ».

                                                                                Philippe SUC

 Publié dans l'Eveil de la Haute-Loire du 12 avril 2001

 Post Scriptum :

Le numéro de mars 2007 du gratuit Bio-contact publie (p. 38 et suiv.), sous la plume de Pierre Paillard, une bonne analyse du combat que nous avons mené contre l'éradication du varron. Cet article peut être consulté sur le site. Inutile donc de le reproduire ici.

 

 

 

De plus, ce même journal nous apprend le décès de Mark Purdey, le seul agriculteur anglais à s'être opposé à l'éradication du varron. C'est la troisième disparition parmi nos "scientifiques". Michel Bounias nous a quittés quelques mois après sa retraite. Il était le seul universitaire à s'être engagé complètement à nos côtés. Puis ce fut le tour de Jany Vimond, le seul vétérinaire à avoir dénoncé le principe d'éradication et à nous avoir soutenus.

Tout cela nous rend tristes et nous donne le sentiment de devenir de plus en plus orphelins.

Nous n'en continuerons pas moins à dénoncer l'arrêt du Conseil d'Etat qui donne au ministre de l'agriculture le droit de passer outre les lois qui le dérangent, même si nous sommes de moins en moins nombreux. Un moment ou l'autre nous finirons bien par arriver en plus grand nombre au port.

Justement, Fabrice Nicolino et François Veillerette viennent d'écrire un livre :

"Pesticides. Révélations sur un scandale français", 2007 Fayard, (p. 296-297) la causalité que nous avons dénoncée entre l'éradication du varron et la Vache-Folle est reprise et valorisée par une interview de Michel Bounias.    Jean C.

 

 

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Dimanche 22 juillet 2007

              En 1974, Jean Coulardeau obtenait de son ami, Alexandre Grothendieck, que soit publié dans un livre collectif de la collection 10-18, une réflexion sur les mathématiques qu'il venait d'écrire. Dans les extraits qui suivent on trouvera les prémices de son travail sur l'ordinateur. L'ouvrage étant épuisé depuis longtemps, nous (ses amis et lui) avons décidé de rendre publique sa contribution. Si vous désirez connaître l'intégralité de cette publication, vous pouvez en faire la demande à Jean Coulardeau qui vous en enverra une copie (16 pages de texte) contre deux timbres. On peut parfois trouver le livre complet chez un bouquiniste.

 CONTENU IDEOLOGIQUE DES MATHEMATIQUES

  […]

             1) Sous le mot mathématiques, le langage commun comprend deux choses fort différentes. D'une part, il signifie les opérations élémentaires de la vie : évaluation des quantités, des durées, des distances, bref toutes les mesures qu'elles soient exprimées en unités locales, nationales, internationales ou imagées (autant d'hommes que de brins d'herbe dans la prairie); d'autre part, il englobe les recherches ultra spécialisées de notre monde technique.

 Désigner par le même mot deux choses aussi différentes est un abus flagrant. Car, si on ne peut pas se passer du premier aspect des mathématiques, il est bien évident que le second peut parfaitement être ignoré, je dirai même qu'il vaudrait mieux que nous ne l'ayons jamais conçu.... Je m'attaque à cette mathématique qui n'a plus rien de réel et de vivant mais qui dirige notre monde au nom de sa logique inexorable....

             2) […] Si j'ai choisi ce domaine pour cible, c'est tout simplement parce qu'il se prétend neutre, intemporel et universel et qu'il sert par conséquent de refuge à l'ensemble des autres disciplines. Tout se mathématise pour avoir l'air d'être objectif, pour s'imposer à tous de manière indiscutable. Car on ne discute pas les mathématiques. Et bien, je vais violer l'interdit...

 Dichotomie

             Les mathématiques font croire que tout l'univers est divisible en deux parties distinctes, qu'à chaque question il existe deux sortes de réponses : les bonnes et les mauvaises, les vraies et les fausses, ou plus simplement : oui ou non.

             Le calcul des probabilités ou celui des erreurs ne fait pas apparaître une mathématique plus relative. La solution n'est qu'un mélange des produits extrêmes jamais un produit nouveau et ils ne font que permettre le classement de ce qui, hier, restait en dehors des deux groupes...

 Hiérarchie

             Si les mathématiques étaient indépendantes de notre idéologie, il faudrait considérer que les ethnies qui ne les connaissent pas sont inférieures à nous. Par conséquent, elles devraient être dans l'impossibilité de vivre, puisque toute vie est mathématisée. Or, cela se heurte à la simple observation et à notre désir souvent affirmé de considérer toutes les races comme égales. Pour résoudre cette contradiction profonde notre civilisation a commencé par détruire les autres, puis les a scolarisés... Quant à ceux qui refusent notre école, nos bons maîtres et le savoir, ils sont exterminés par les armes ou par la faim. On ne refuse pas le pain intellectuel du Blanc, sinon on meurt.

             Nous sommes tolérants parce qu'il n'y a plus rien à tolérer de profondément différent...

             Prétendre aboutir par le canal de la science (au sens actuel du mot, c'est à dire accumulation des connaissances mathématisées) à une société plus juste est une contradiction. La connaissance mathématique et l'égalité (base de la justice) sont incompatibles, car celui qui sait aura toujours une valeur marchande et sociale supérieure à celui qui ne sait pas, dans une culture qui ne peut pas ne pas employer les mathématiques.

 Les nombres, la numération

             Compter c'est attribuer à chaque élément de l'ensemble un rôle spécifique ; quelle que soit notre manière d'appréhender le réel, elle a un caractère idéologique ; quand nous étions individualistes forcenés et bourgeois, nous parlions en termes d'unités. Maintenant que le collectivisme a fait son chemin dans les esprits, nous parlons en terme de "masse". Nos instruments sont la statistique et les ensembles qui, comme par hasard, se développent en même temps que les mathématiques modernes et la recherche dite pure en ce domaine.... notre mathématique n'a pas sa raison d'être. Elle n'est simplificatrice que dans la mesure où elle a compliqué la vie.

             La numération, en faisant perdre de vue la réalité concrète de la chose comptée, déshumanise les rapports humains. Elle ouvre la porte à la théorie des grands nombres, c'est à dire à l'inhumain par excellence. En effet, cette fameuse loi des grands nombres tend à ramener la périphérie vers le centre, à uniformiser la population et les comportements. Au nom de la majorité (découverte mathématiquement sans qu'elle se soit exprimée) on impose à la minorité un certain nombre de choses. Puis, lorsque la périphérie est soumise on refait une nouvelle étude qui fait apparaître une nouvelle périphérie qui sera à nouveau soumise, et ainsi de suite jusqu'à l'identité complète, conformément au modèle établi mathématiquement. Cela s'appelle en mécanique "la normalisation"...

 Le caractère colonial des mathématiques

             Le langage mathématique comme la science en général, tend à devenir universel et ne tient donc plus compte des différences culturelles, mais seulement de l'efficacité....

             On m'a dit que ce sont les applications des mathématiques qui sont responsables de cela et non les mathématiques elles-mêmes. Il n'y pas pire illusion. Car :

             1) Les mathématiciens ne se sont pas élevés contre l'objectivisation des sciences sociales par l'emploi des mathématiques. Au contraire ils y collaborent.

             2) Sans cette utilisation, les mathématiques actuelles n'existeraient pas. Comment établir une loi statistique si les gens et les choses ne sont pas conformés à l'observation ?

             En déshumanisant leurs instruments les mathématiciens ne réalisent plus que derrière le chiffre il y a des hommes et du vivant, et ils ne veulent pas voir qu'ils ne peuvent travailler que grâce à un appareil coercitif extraordinaire...

             La civilisation technique, "blanche" (selon une expression de Robert Jaulin), est celle qui porte les mathématiques. Comme par hasard c'est la plus colonisatrice, ne serait-ce que par l'école qui apprend une manière de saisir le réel, incompatible avec toute forme de civilisation autre qu'elle.

             Comme par hasard notre civilisation est à Dieu unique, autrement dit dichotomique.

 Peut-on faire des mathématiques sans coloniser ?

             Ma réponse, on s'en doute, est négative. Certains m'ont fait valoir que rien n'empêchait quelqu'un de faire des mathématiques chez lui et qu'il n'était pas pour cela un colon.

             C'est vrai, mais ils oublient trois choses :

             1) que pour faire des mathématiques il a fallu qu'ils les apprennent, donc qu'ils trouvent une structure enseignante et sélective typique à notre société ;

             2) qu'ils n'auront aucun goût à faire des mathématiques dans une société qui s'en moquera et n'en tiendra aucun compte ;

             3) qu'ils seront toujours tentés de faire valoir leur solution au nom de l'efficacité et qu'ils finiront par les imposer au nom du bien public....

 

  Mathématiques modernes et pédagogie moderne

              …A l'école moderne, l'enfant est libre. Mais voilà, comme à la fin de sa scolarité il a acquis le même bagage (puisqu'il passe les mêmes examens avec autant de succès sinon plus), c'est qu'il s'est fait intégrer en douceur. Pour son malheur il croit avoir été libre.

             …Ce n'est pas parce qu'un enfant est libre de manipuler les mathématiques à sa guise qu'il est un homme libre. Au contraire, il s'enchaîne consciencieusement.

  Conséquences du refus des mathématiques

              Ici, il me faut être clair. Beaucoup m'auront suivi car ils n'aiment pas les mathématiques et voient là un moyen d'envoyer sur les roses les profs exigeants. Ils se gardent bien de chercher un nouvel équilibre conforme à leur position. Ils oublient que toute notre société repose sur les mathématiques. Ils feignent de croire qu'il est possible qu'il existe des secteurs réservés.

             Une société forme un tout ; il ne s'y développe pas un élément de l'ampleur des mathématiques sans que la totalité de l'édifice soit concernée. En plagiant Ferdinand de Saussure, je dirai que, comme sur un échiquier, toutes les pièces sont interdépendantes.

 Chaque déplacement de l'une d'entre elles modifie le rôle de toutes les autres.

          Supprimer les mathématiques dans notre société c'est tout remettre en cause, tout bouleverser. Ceux qui se disent allergiques aux mathématiques sont soit des asociaux, soit des malchanceux (ils n'ont pas eu un prof qui a su leur faire découvrir qu'ils étaient capables de faire des mathématiques). Car sans mathématiques il n'est pas possible de vivre (en comprenant quelque chose) dans notre société...

             … On ne peut pas faire coexister la concentration avec l'autonomie et l'autarcie. Il faut choisir....

             Sans mathématiques, il n'est pas possible de bâtir des édifices de la connaissance et de hiérarchiser les gens sur leur capacité à s'y élever en marchant sur les autres. Quoiqu'en disent certains, une société non hiérarchisée est possible et la connaissance va à l'encontre de l'égalité. Depuis que le monde est entré dans l'ère de la croissance du savoir, il n'a jamais été aussi hiérarchisé, n'en déplaise aux démocrates qui prennent leurs rêves pour des réalités....

 

              Les solutions scientifiques ne peuvent pas ne pas simplifier le réel pour s'appliquer au grand nombre. Il faut donc renoncer à cela et, par conséquent, renouer avec le réel, mais aussi renoncer aux solutions universelles. Actuellement, la réalité s'adapte (les hommes se plient). La liberté est dans le contraire. Comme les mathématiques ne se plieront jamais, il faut renoncer soit aux mathématiques, soit à la liberté.

 

 

 

Par Jean Coulardeau - Publié dans : Articles récents
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Samedi 21 juillet 2007

Critique du livre « L’ordinateur,dernière Tour de Babel » de Jean Coulardeau, par Jean Pestre, architecte retraité, parue dans « Le citoyen » n°45, de novembre 2006, revue du Cercle Condorcet de la Haute-Loire.

 

            « … peut entraîner la destruction de l’Humanité. Danger suprême et inconnu jusqu’à aujourd’hui. »

 

            Ainsi, Jean COULARDEAU, analyse de façon large et objective les dérives humaines contemporaines engendrées par cet outil exceptionnellement puissant mais prodigieusement insidieux.

 

            A Babylone, la Tour élevée par les descendants de Noé, faite de matériaux, lourds et volumineux car minéraux, s'élevant dans les cieux présentait, par sa majesté monumentale, l'orgueil démesuré de ses constructeurs

 

            « La tour » (boîtier) posée sur le bureau contraste par sa modestie avec la prétention colossale de son homologue biblique. Son faible volume avec les composants électroniques qu’elle contient, bourrée de mémoires, de processeurs assurant la rapidité d’échanges partout sur la planète, en font un outil dépassant largement le bon sens et la sagesse, seuls éléments capables d’assurer l’épanouissement humain.

 

            Cet outil a envahi nos logis. Voleur de consciences, il étend son NET (filet en français) pour mieux accaparer et asservir.

 

            Au fil des pages, Jean COULARDEAU, qui à partir de brillantes études universitaires a choisi de vivre de la terre nourricière en devenant paysan, s’attache à donner un éclairage et un diagnostic de notre civilisation axée sur l’argent, le toujours plus et la croissance qui, comme à Babel, prépare la chute sévère et inexorable.

 

 

 

 

Par Jean Pestre, architecte - Publié dans : Articles récents
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Vendredi 20 juillet 2007

Annonce parue à Besançon, dans le bulletin de l'Eglise réformée de France

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Idée de lecture:

               "L'ordinateur, dernière Tour de Babel" par Jean COULARDEAU. L'auteur est un ami de Jacques Ellul, théologien protestant.

              L'ordinateur, ultime et illusoire bouée de sauvetage?

                                                                                                                Christian Moreau

                                                         

Par Christian Moreau - Publié dans : Articles récents
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Jeudi 19 juillet 2007

A l’occasion de ce café-philo, j’ai eu le plaisir de rencontrer éric Brun, auteur d’un texte qui m’a paru digne d’être porté à la connaissance des visiteurs de ce blog. Il doit me communiquer sa pièce de théâtre dont cet avant-propos laisse espérer le meilleur.

Les propos introductifs à ce café philo de Montpellier figurent dans un article du blog intitulé "L'illusion technicienne"

 Bonne lecture.

  La Vie perdue

  Notre monde court à sa ruine.

 Chaque nouveau jour nous apporte ses nouvelles alarmantes : ici, le nombre des cancers augmente, alors que baisse l’âge de ses victimes ;  là, telle variété de plantes s’est éteinte ; ailleurs, telle espèce animale ; telle autre ne se reproduit plus ; une autre encore, plus chanceuse, ne doit déplorer que la baisse de sa fertilité : c’est l’espèce humaine ; tandis que progresse la température, entraînant la montée des eaux des mers et la descente des eaux des glaciers ; et partout une pollution grandissante (air pollué, eaux polluées, mers polluées, etc.), détectable jusque dans le corps de l’homme moderne.

 

 

 

 

  Et ainsi se succèdent des informations dramatiques et parcellaires, apparemment indépendantes, alors que tellement cohérentes.

 Mais cette dégradation, que nous révèlent les mesures de la Technique, est aussi perceptible par tout homme qui sort de chez lui : prolifération des zones industrielles et commerciales – et de la laideur qui leur est attachée – ; disparition de la diversité des paysages et des habitats – et du charme qu’ils exhalent – ; incapacité à construire des villes ; disparition des odeurs et des bruits de la nature ou des activités de l’homme au profit des odeurs et des bruits des machines, etc.

 Comment en sommes-nous arrivés là ?

 À cette perte générale de la qualité, à ce bannissement des caractères de la vie, à ce monde dangereux et laid, à ce devenir inhumain du monde ?

 Le devenir inhumain du monde a ceci de scandaleux qu’il est le pur produit de l’activité humaine. Si chacune de ses occurrences, considérée isolément, appelle une désolation particulière et se fait analyser comme une regrettable déviation, rectifiable à ce titre, l’intelligence qui embrasse ensemble les différentes preuves de cette déshumanisation ne peut les supposer fortuites. Il lui apparaît plutôt que notre modernité semble gâter tout ce qu’elle touche, et en vient à postuler l’existence d’un principe central de corruption.

 Quel est ce principe ? Où réside-t-il et comment opère-t-il ? Pourquoi est-il apparu ? Pourquoi l’avons-nous adopté ? Quelle est la cause de sa grande fortune ? Qui sont ses hérauts les plus convaincus ?

 Nommons tout de suite ce principe : c’est la visée objective de toute chose.

 Selon la lumineuse phénoménologie de la Vie, que nous révèle Michel Henry, l’essence de la Vie de l’Homme, c’est le « se ressentir soi-même » (qui ressent ? c’est le soi de chaque homme vivant ; qu’est-ce qui est ressenti ? c’est le soi de chaque homme vivant), manifestation purement subjective. La Vie de l’homme, en son vécu propre, en son intériorité originelle, n’est qu’un flux ininterrompu de sentiments et de sensations. Pour tout homme, chacune de ses actions et de ses pensées se manifeste à lui par ce flux subjectif.

 

 

 

 

  De cette constatation élémentaire (mais absente des conceptions classiques de l’homme, qui en font un être de raison, voué à raisonner sur les choses et les idées) il résulte deux conséquences :

 - ce n’est qu’en vertu de ce premier contact avec lui-même, de soi à soi, que l’homme pourra ensuite entrer en relation avec l’extérieur de lui-même, les choses du monde. Du fait que ce contact de soi à soi est affectif, la relation avec les choses du monde est affective. Elles nous atteignent par notre sensibilité et nous les parons de sensibilité.

 - le premier lieu de la Vérité n’est pas l’être objectif des objets (du monde ou de la raison), mais le ressenti subjectif du sujet vivant : à tout instant, sa jouissance ou sa souffrance lui est incontestable ; elle est Vraie.

 Dans ces conditions, qu’est-ce que la visée objective ?

 - d’abord, c’est, pour atteindre le Vrai de l’Objet, le projet systématique de dénuder de leur parure affective, subjective, les choses auparavant humainement visés, primitivement sensibles. La réussite de cette visée objective procède de la destruction de l’œuvre de sensibilité issue des sujets, les hommes. Cette opération définit la science expérimentale.

 - secondairement, c’est prétendre que le vrai ainsi obtenu, le vrai des objets du monde, objectif, est le seul vrai possible, excluant ainsi le vrai issu de la sensation, le vrai subjectif qui réside en l’homme – non mesurable, objectivement.

 La visée objective des choses réalise donc une double expulsion de la Vie : celle qui enveloppe les objets sensibles du monde et celle qui réside au cœur de l’homme.

 L’action corollaire de la visée objective est l’objectivation. Elle saisit les propriétés de la vie de l’homme (ses fonctions, ses besoins, ses désirs, etc.) pour attacher à leur accomplissement un objet ou un processus objectif. Ses grands succès se font assez voir dans ce que sont devenus le déplacement de l’homme, son alimentation, sa santé, son habitat, ses divertissements, sa relation à autrui, etc.

 Visée objective et objectivation sont les deux modalités symétriques de la violence qu’exerce l’Objet sur la Vie : quand la première arrache la Vie à l’Objet, la seconde alourdit la Vie par l’Objet.

 Les choses objectivement visées constituent le monde de la Science.

 Le monde de la Technique est le devenir-utile du monde de la Science.

 Le monde de l’Économie est le devenir-marchandise du monde de la Technique.

 Le monde de la Science, le monde de la Technique et le monde de l’Économie progressent de conserve. Leur progrès est celui du monde moderne.

 C’est d’après une opération fondatrice qui a expulsé la Vie – la visée objective de toute chose – qu’existe notre modernité. Toutes les étapes de son développement obéissent à cette négation de la Vie et la répandent. L’inhumanité de notre modernité est la révélation physique de l’inhumanité métaphysique de ce projet. Les désagréments modernes n’ont donc rien de fortuit, car c’est essentiellement que notre modernité construit le devenir-inhumain du monde.

 Appelons monde de l’objectivité un monde qui résulte de ce processus, et monde de la sensibilité un monde qui ne lui doit rien.

 Pourquoi l’homme, subjectif par essence, s’est-il ainsi aventuré sur la voie de l’objectivité, si contraire au déploiement de sa vie ?

 

 

 

 

  De sa propre vie l’homme est fondamentalement inquiet. Sans confiance en la puissance de sa propre Vie, il craint l’avenir de lui-même. Identiquement, il manque d’amour pour sa Vie et de force pour lui-même. Alors cet homme inquiet de sa Vie s’est détourné de soi pour se tourner vers l’Extérieur – de lui-même : les objets du monde, qu’il a réquisitionnés au secours de son inquiétude métaphysique. Ce faisant, il déportait son intérêt pratique de sa Vie vers le monde. Cette manœuvre, a priori innocente et justifiée par son utilité, a sonné la grande désertion métaphysique de la Vie. Dès lors, l’homme ne cherchait plus son salut au sein de soi, de sa propre Vie, mais dans les objets du monde – contrairement à toutes les paroles de sagesse de tous les continents et de toutes les époques.

 Le Salut par l’Objet, qui est la justification de la science, entraîna méthodologiquement la Visée Objective des choses, qui est son principe. Ces deux devises forment la croyance de notre si rationnelle modernité.

 Mais c’est la croyance de ceux qui ne croient pas en la Vie.

 Que cette visé objective contrarie la Vie n’allait pas dissuader notre homme inquiet qui, précisément, nourrit une secrète rancœur envers sa Vie. Insatisfait de sa propre vie – purement subjective –, il s’est trouvé fort heureux d’un principe – la visé objective – qui venait si opportunément l’en éloigner. Il se vengeait de sa Vie.

 Le fier progrès de notre modernité est le mouvement historique de l’homme qui se dresse contre la vérité de sa Vie et s’en fait l’ennemi. Il est extrêmement révélateur que les outils conceptuels de la science soient devenus les arguments modernes de toutes les activités humaines : quantification, mesure, chiffrage, évaluation, modélisation, découpage, procédures, tests, sondages, etc. Mais qui peut sérieusement espérer, soutenu par de si exaltantes références, s’élancer joyeusement vers le bonheur ? Et qui s’étonnerait alors d’atteindre un monde au parfum fade ; un monde dénué de charme ; un monde qualifié de désenchanté ; un monde qu’il est devenu banal de dire matérialiste, ou aseptisé ; un monde où les hommes se sentent étrangers – et souffrent de dépression ; un monde qui apparaît sans cesse plus inerte, voire hostile ; un monde qui semble vide, mort ? – privé de Vie.

 L’homme moderne est l’héritier de ce reniement dialectique : autant étranger à ce monde dévasté par l’Économie que dépossédé de lui-même par la Technique, sa Vie crie ; il souffre. Et c’est encore à la Science qu’il demandera  réparation. Il est le croyant.

 Essentiellement : étranger à ce monde dévasté par l’Objectivité, dépossédé de lui-même par l’Objectivité, il demande réparation à l’Objectivité. Il est le possédé.

 Le devenir-inhumain du monde moderne se manifeste également par son danger et par sa laideur. Bien que cette laideur soit immédiatement perceptible, c’est cependant son danger, médiat, qui fait parler de lui. Pour lever vite ce paradoxe, il suffit de s’aviser que l’appréciation de la laideur relève d’un jugement esthétique, subjectif, alors que l’appréciation de son danger relève de mesures scientifiques, objectives. Il convient ici d’admirer l’unité nihiliste de la visée objective à l’œuvre : le même geste qui corrompt le monde interdit de le remarquer.

 Laideur. Comme c’est naturellement que la Vie engendre son esthétique (il suffit pour s’en convaincre de se promener de par le monde et ses époques pour voir ce qu’il en est, avant l’ère industrielle, de la beauté inhérente aux réalisations de toute culture – le monde de la sensibilité), c’est tout aussi naturellement qu’un monde bâti en contravention avec la Vie produit sa laideur – pas même sa laideur, mais la laideur ; car autant sont – étaient – variées les populations et leur culture, autant est unique l’Objet, où qu’il se trouve à la surface de la Terre – nous apprend la ville nouvelle, rigoureux exemple du monde de l’objectivité.

 Danger. Par quel miracle un monde issu de la négation de la Vie pourrait-il favoriser la vie ? C’est le miracle qu’espère notre modernité.

 Contre cette entreprise de déshumanisation par l’objectivité, la résistance se tient logiquement sur les terres de la subjectivité : les arts et la culture.

 

 

 

 

Voici une pièce de théâtre.

 Au sein d’une existence ordinaire, professionnelle et conjugale, elle exhibe les moyens modernes de la fuite de soi. Les situations de la pièce sont donc modernes mais leur arrangement ne l’est pas : elles sont baroques, jusqu’au fantastique – et comiques. Vues de loin, elles paraissent satiriques.

 Un drame, le drame du héros aliéné aux croyances modernes, se noue sous nos yeux. Comme dans un drame antique, il y aura une montée paroxystique que conclura un sacrifice final. Suivant la grande leçon d’Œdipe-Roi, la pièce est l’enquête pratique qui élucide les raisons de ce drame.

 

 

 

   C’est une pièce de révélation : elle met au jour les graves questions de notre temps, conformément à la vocation millénaire du théâtre, notamment de l’antique tragédie grecque. C’est autant à sa lumière qu’à celle du théâtre baroque qu’il faut se représenter cette pièce.

 Cette pièce révèle notre modernité à elle-même, et prétend amener le grand débat de salubrité publique dont les hommes ont un si urgent besoin. Elle est radicalement critique ; c’est une pièce de Résistance.

 Éric Brun

 04 67 92 57 97

 ericbrun@club-internet.fr

  

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